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Jamal Berraoui
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Fouad Ali El Himma. Sécuritaire, omnipuissant, à la source de toutes les décisions, El Himma est mis à toutes les sauces. Depuis l’intronisation de Mohammed VI, il est le personnage le plus médiatisé alors qu’il ne s’est livré qu’une fois : vérités sur un homme et un parcours
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Fouad Ali El Himma, du temps où il était en fonction, le répétait à tous ses visiteurs nombreux et divers. « Il n’y a pas de numéro deux dans la vision de Sa Majesté, il y a une équipe, des dossiers, des responsabilités, mais un seul patron : le Roi ». Cette profession de foi n’arrivait à convaincre que ceux qui le fréquentaient dans la durée, ils sont eux, peu nombreux. La presse avait dépeint un personnage, elle tenait son nouvel « homme fort » et ne voulait pas en démordre. Jusqu’au jour où, à quelques encablures des législatives, il quitte ses fonctions. Les médias sont déboussolés, « débarqué » ? Le Roi l’affiche à ses côtés une semaine plus tard, alors il ne peut être qu’en « mission spéciale ». C’est finalement injuste et faux. Injuste parce que El Himma est le seul responsable qui n’a aucun droit sur sa propre image, sa propre personne. Faux, parce que les choses sont plus complexes, qu’un oukase, un complot de salon, une OPA de copains. Ce que l’image médiatique véhicule. Fouad Ali El Himma a été à la base des contacts avec l’ensemble des courants qui traversent la société marocaine. Il l’a fait dans le cadre d’un cheminement royal « Sa Majesté, dès le début, a dit il y a un train, tous ceux qui veulent arriver à un Maroc moderne peuvent y monter ». Ceci l’a poussé à rencontrer, à écouter et à collaborer avec beaucoup de gens. Certains le lui ont fait regretter, surtout dans le milieu des médias. Il ne s’attarde pas sur ces cas. Mais il a réussi à fédérer beaucoup de personnalités. C’est lui qui a établi les premiers ponts avec les troupes de cadres de l’extrême-gauche qui l’entourent aujourd’hui. Ils ont construit une relation que les deux parties considèrent de confiance. D’autres considèrent qu’il les a, soit achetés, ou alors, il a « une fascination pour les anciens gauchistes », ceux-ci étant affublés de tous les épithètes négatifs. El Himma est tout, sauf un extraverti. Par devoir de réserve, mais aussi par nature, il n’aime pas les sunligths, c’est donc une proie facile pour ceux qui veulent lui tailler un costard. Cette timidité cache pourtant, très mal, pour ceux qui ont appris à le décoder, une personnalité complexe. Fouad est doté de qualités indéniables : une grande capacité de synthèse, un attachement viscéral à ce qu’il présente comme le projet du nouveau règne, une grande fidélité en amitié, y compris pour ceux qu’il a « recrutés », et une peau tannée capable de supporter des tonnes de vilénies. Il n’est pas un saint homme pour autant, et il garde un chien de sa chienne à pas mal de gens. Quand il peut rendre la monnaie, il n’hésite pas, et il le fait d’autant plus qu’il est libéré du devoir de réserve. Le personnage El Himma, brossé au fil des ans, des articles, des fausses informations, est très éloigné de la personne. C’est son chemin de croix à lui. L’interview qu’il nous a accordée est un début de l’exercice qui consiste à rétablir les vérités. Il se sait handicapé par son parcours, par quelques silences coupables et des fréquentations qu’il regrette lui-même, mais pas au point de les qualifier d’inavouables. El Himma nouveau est arrivé. Il est offensif, serein, construit et un tantinet vengeur. Certains devraient en trembler, parce qu’il est prêt à tout dire le moment venu.
La gazette du maroc









